Les villages de Guilers

Les villages de Guilers

Les villages et hameaux de Guilers

Le village est à l’image de la famille qui le fait vivre : il naît à partir d’un foyer, d’une maison, puis prospère. Il arrive aussi qu’il meure. Comme la famille, le village peut perdre son nom pour être « fondu » dans un autre.

Le village, en Bretagne, est toute habitation située en dehors de l’agglomération : aussi il peut s’agir d’une simple maison comme d’une exploitation agricole où vit une seule famille comme, encore, d’un groupement d’habitations ou de fermes.

Les premières traces de l’habitat à Guilers se situaient, au vu des trouvailles récentes, à Kergariou, Castelmein et Keruzanval (voir le chapitre sur la Préhistoire). Mais, tout récemment (février 2021), l’Institut national des recherches archéologiques préventives (Inrap) a mis en évidence des occupations humaines dans le secteur de Kerguillo : une ferme du premier âge du Fer, un enclos gallo-romain à vocation agricole et une ferme du Moyen-Âge.

Le présent chapitre sur les villages de Guilers prend comme références primitives les noms du rentier de 1544 et le relevé du 17 mai 1789.

Les pages qui suivent nomment simplement les hameaux disparus ou nouveaux. L’inventaire donnera une notice plus détaillée de chacun.

« Relevé exact et fidel de tous les feux, fermes et maisons habitées sur la paroisse de Guiler, évêché de Léon Basse-Bretagne près Brest et du ressort de la sénéchaussée, fait par nous habitans notables et composant le corpolitique de ladite paroisse

BOURG DE GUILER

1 – le manoir presbytéral 2 – la maison curiale 3 – le manoir de Penanhars ferme) 4 – maison habitée 5 – autre maison habitée 6 – Entrequear (ferme) 7 – maison 8 – maison 9 – St Valentin (ferme) 10 – le manoir de Kerilis (ferme) 11 – chambre 12 – maison 13 – maison 14 – Kerampennoc (ferme) 15 – maison 16 – maison 17 – maison 18 – maison 19 – Keredec (ferme) 20 – maison non habitée 21 – maisonnette 22 – autre maison habitée 23 – autre maison habitée 24 – autre maison habitée 25 – autre maison habitée 26 – autre maison habitée 27 – autre maison habitée 28 – autre maison habitée 29 – autre maison habitée 30 – autre maison habitée

CAMPAGNE

31 – Loalejou 32 – le manoir de Coatirbescond (ferme) 33 – ferme 34 – maison 35 – Languéro (ferme) 36 – Kerlibridic (ferme) 37 – le manoir de Kerusaval (ferme) 38 – Penarchoat (ferme) 39 – Kerusaval bian (ferme) 40 – le Penhear (ferme) 41 – Kergreis (ferme) 42 – ferme 43 – maisonnette 44 – Kerdezpez (ferme) 45 – ferm 46 – Kerjézéquel (ferme) 47 – maisonnette 48 – ferme 49 – Coatarjeo (ferme) 50 – maison 51 – maisonnette 52 – Lanbian (ferme) 53 – Quévrel (ferme) 54 – Quévrel bian (maison) 55 – Kermabiven bras (ferme) 56 – Kermabiven bian (ferme) 57 – Prat ar mean (maison) 58 – le manoir du Dervez (ferme) 59 – le Louch (ferme) 60 – Kerouriat (ferme) 61 – maison 62 – maisonnette 63 – Penarvaly (ferme) 64 – le manoir de K/boroné (ferme) 65 – moulin 66 – Kerloquin (ferme) 67 – maison 68 – crêche 69 – le Candy (ferme) 70 – maisonnette 71 – Coatiogan (ferme) 72 – ferme 73 – ferme 74 – ferme 75 – ferme 76 – ferme 77 – ferme 78 – moulin du Tridour 79 – Mesantellou (ferme) 80 – Keroual bian (ferme) 81 – Penanros K/oual (ferme) 82 ferme 83 – le château de Keroual (non habité) 84 – le Poulpry de K/oual (ferme) 85 – ferme 86 – maison 87 – maisonnette 88 – le moulin de K/oual 89 – autre moulin 90 – Keriolet (ferme) 91 – Feunteun Guiler (ferme) 92 – Kerven (ferme) 93 – maison 94 – maisonnette 95 – Ty naot (maison) 96 – Penfel (maison) 97 – maison 98 – maison 99 – maison 100 – maison 101 – maisonnette 102 – manoir de la Villeneuve (ferme) 103 – maisonnette 104 – maison 105 – Penanchréach (ferme) 106 – maison 164 – Lambalez (ferme) 165 – maison 166 – Kermarziou braz (ferme) 167 – Kermarziou bian (ferme) 168 – ferme 169 – ferme 170 – ferme 171 – ferme 172 – maison 173 – Penaroz Bodonnou (ferme) 174 – Ty Coz (ferme) 175 – Kerfily (ferme) 176 – ferme) 177 – ferme 178 – le Cosquear (ferme 179 – maison 180 – maison 181 – maison 182 – maison 183 – maison 184 – maison 185 – Campir isela (ferme) 186 – Campir huela (ferme) 187 – maison 188 – Kereonoc (ferme) 189 – maison 190 – ferme 191 – ferme 192 – ferme 193 – ferme 194 – maison 195 – maisonnette 196 – ferme 197 – maison 198 – ferme 199 – maison 200 – maison 201 – le manoir de la Tour (ferme) 202 – maison 203 – moulin 204 – manoir de Mesnoalet (ferme) 205 – ferme 206 – maison 207 – St Fiacre (ferme) 208 – ferme 209 – Kerbrouennou (ferme) 210 – Keraudren bras (ferme) 211 – Keraudren bian (ferme) 212 – Kerebars (ferme) 213 – ferme 214 – ferme 215 – maison 216 – maisonnette 217 – Kerebezoun (maison) 218 – maisonnette

« Nous soussignés Recteur, Sindic et habitans de la paroisse de Guiler déclarons et certifions avoir procédé régulièrement au relevé ci-dessus et des autres parts conformément à la lettre à nous adressée de la part de Monsieur le Sénéchal de Brest, à Guiler ce jour dix-septième mai mil sept cent quatre vingt neuf et avons signé. 

Yves Le Mailloux, Guillaume Provost, Jean Pondaven, C/Plouzané, G. Talarmein, Jean Keraudy, Yves Marie Keraudy, François Bougaran, F. Mengant, Joseph Cloarec, Ulfien Duval recteur de Guiler et de la treuve de Bohars. » (Arch. dép. du Finistère, 78 G – 34)

Les villages disparus

Certains villages disparus ne sont connus que par des traces écrites dans les registres de la paroisse et de la commune. Sur le lieu supposé de leur existence, on ne relève aucune trace si ce n’est, parfois, un arbuste incongru près de là ou sur un talus (buis, troène, pommier ou poirier dégénéré, laurier), les vestiges d’un jardin clos, la cuvette d’un puits comblé, quelques pierres de taille, des ardoises ou tuiles brisées… Lorsqu’un village est abandonné, il se dégrade rapidement et il est très difficile d’en trouver trace ; les pierres ont souvent servi à une nouvelle construction ou à combler des ornières de chemin, le site a pu être réutilisé comme terre agricole, ou alors a été envahi par la végétation.

Quelques villages n’ont pas encore réellement disparu mais ont été absorbés par l’expansion de l’agglomarétion urbaine ou par attraction d’un hameau plus important ; il en est aussi qui ont été reconstruits à un endroit différent mais dont on a gardé le nom : ce sont les villages « déplacés ». D’autres , enfin, souvent une seule habitation, n’ont qu’une existence ephémère, ne vivant que le temps d’une ou deux générations.

Le village éphémère

* Le moulin à fer : ce nom apparaît le 25 Nivôse An VIII (15 janvier 1800). Est-ce à Castelmein, où Teissier de Launay fit construire une usine à limes ?

* Pont ar c’haor, noté dans les B.M.S. de 1791, et sans doute situé près de Pen an Traon, ne se retrouve ni avant ni après ce signalement dans les registres des années de la Révolution.

* Ti Goel, à l’emplacement de l’actuelle pharmacie Thomas sur la route de Saint-Renan, ou Ti Fourn, près du jardin public de l’ancienne Maisons des Associations (rue Saint-Valentin), perdent leur nom après la mort des vieux occupants. À propos de Ti Fourn, il est heureux qu’un des habitants ait eu l’idée de graver une ardoise au nom de la maison et de la présenter à l’entrée de la propriété.

* Ti Kilhog, ou Ti ‘r c’hilhog, est un de ces villages dont les anciens Guilériens se rappellent le nom ; ti (la maison) montre bien qu’il ne s’agit que d’une chaumière isolée. Il se situait entre Coat ar Guéo et le Penquer, au niveau du transformateur électrique. Aussi bien, il n’est pas connu des habitants du « bas de Guilers », mais seulement par les voisins immédiats, comme Thérèse Goarzin, native du Penquer, qui nous en a révélé l’existence.

Les villages « absorbés »

* la « dépopulation » des campagnes a fait que nombre de villages scindés en deux ne font désormais plus qu’un. Il en va ainsi des villages uhellãn ou izellãn (le plus haut ou le plus bas), comme à Kerébars, Campir, Kerboroné ; d’autres hameaux bihan ou bras (petit ou grand), comme Keraudren, Keruzanval, Kerédern, Kermabiven, Lesvingant, Stivel, Penquer, Tridour ; d’autres dits tostãn ou pellãn (le plus près ou le plus loin), comme Coat Mez.

*plusieurs villages, autrefois distincts, font désormais partie de l’agglomération du bourg. Leur souvenir subsiste sur les plaques des noms de rues ou de bâtiments : Coat Mez, Kerampennec, Kerédec, Kerdrel, Kerilis, Kermengleuz, Pen ar Valy. D’autres n’existent plus que par transmission orale, comme le Louc’h ou Ty Coz.

* Kerbrouennou a subi l’attraction de Saint-Fiacre, nom que l’on donne aujourd’hui à tout le hameau. Le propriétaire garde le nom de Kerbrouennou à son exploitation agricole.

* Penanhars, ou Pen an gar, le manoir où s’est déroulé un épisode tragique de la Seconde Guerre mondiale, est plus connu sous le nom de manoir de Keranflec’h ou, aujourd’hui, de la « maison Tanguy ». En 2001, une partie des jardins de l’ancien manoir est lotie sous le nom de « Clos de l’église ».

* Ti Tort, à l’entrée du village de Coat ti Ogan.

Les villages déplacés

* Castel an Daol se trouvait du côté opposé à son emplacement actuel, par rapport à la route de Guilers à la Trinité-Plouzané.

* le Castelmein primitif était situé au niveau des étangs d’agrément creusés à Kervaly, c’est-à-dire près de l’usine à limes construite par Teissier de Launay. Le village de Castelmein est aujourd’hui à gauche de la route Guilers – Brest.

* Kerilis, dans le bourg, est confiné à quelques maisons au sud-est de l’église alors que, jusqu’au XIXème siècle, ce village comprenait aussi les terres entre les rues Charles de Gaulle et de Bohars. Le manoir de Kerilis, cité en mai 1789, existe toujours au n° 5 de la rue de Bohars.

* en 1834, le village de Keriolet, bien plus important qu’aujourd’hui car il comprenait les deux moulins de Keroual, était assis juste au sud des vestiges de la lenn de Keroual.

Les villages disparus avant 1789

Le rentier de 1544 cite de nombreux villages, tout à fait ignorés aujourd’hui :

* Cozmoguer Amon, près de Kermerien ;

* Cozmoguer an Arch, à Kervaziou ;

* Cozmoguer an Meneuc, vers le Stivel ;

* Cozmoguer Audren, sur le chemin de Kermerien ;

* Cozmoguer Jehan Gueguen, près du Menhir ;

* Kernonet (non localisé) ;

*Lan Guillier, près de Keruzanval ;

* Pasquer, « tref de Trefveo », quartier de Trévéo ;

* Poulbroch, vers Kermenguy.

* Le Cosquer, entre Coat ti bescond et Kerlubridic, n’apparaît dans aucun texte consulté comme village habité. Seule sa trace sur les matrices cadastrales de 1837 rappelle son existence.

Les villages disparus depuis 1789

* Entrequear, au nord du bourg, aujourd’hui loti ;

* Guezen doul, entre Kerroum et Kergoumpez ;

* Kerdidreun, en face de Noadégalet ;

* Kerebizoun, à Kerébars, aujourd’hui ré-occupé ;

* Kergazdézoc, entre Saint-Fiacre et Kerébars ;

* Kergreis, entre le Penquer et Kerzespès, aujourd’hui loti ;

* Lescobleach, entre le Stivel et Castel an daol ;

* Mez ar Reunic, entre Coat an Dervez et Kermabivin ;

* Pen ar Roz-Keroual, entre le château et Keroual bian ;

* le Poulpry (ou Pourpris) à Keroual ;

* le Poulpry de Kermerien ;

* Prat ar Mean, sur le chemin du Roudouz, aujourd’hui ré-occupé ;

* Rest-Mouniz, au-dessus de Kerébars ;

* Saint-Valentin, même si le nom survit par le lavoir, les sources captées et un nom de rue ;

* Ti Naot, sur les berges de la Penfeld ;

* Ti Pri, près de Kerroum.

Quelques villages disparus ont vu leur site à nouveau occupé par des constructions nouvelles. Serait-il intéressant qu’ainsi le village retrouve son nom ?

De nouveaux villages depuis 1789

Depuis la Révolution, Guilers a vu son territoire augmenter de villages, suite à l’arrivée d’une nouvelle famille, comme à Kermengleuz, ou à une construction neuve. Il ne s’agit plus de nouveaux hameaux, avec corps de ferme et bâtiments annexes, mais plutôt d’une habitation principale occupée par une seule famille. Enfin, depuis les années 1954, les quartiers ont fait leur apparition autour du centre-bourg (ces lotissements seront étudiés lorsqu’il sera question d’aborder l’époque moderne).

Au XIXème siècle, il s’agit de Kervaly, qui provient d’un démembrement du domaine de Keroual ; de Kermengleuz, où est établi le collège Sainte-Marie ; du Petit Manoir à Guerven ; de la Croix-Rouge, sur les terres de Feunteun Viler ; de Coat mez ; de Croas lann.

Le XXème siècle connaît la création de Kermonfort, à Croas ar Pennoc ; de Kerheol, à l’entrée de Pen ar valy et, enfin, Kerischia, entre Languéro et Prat an Henguer.

Les pages qui suivent donnent une fiche par village ; voici le plan observé pour chaque fiche :

NOM du village (orthographe actuelle, afin qu’on puisse le retrouver facilement sur une carte récente)

Orthographe et signification

Les différentes graphies proviennent des documents consultés : cartes, publications de la mairie, état civil et BMS, cadastre, etc.

La signification du nom du village pose plusieurs problèmes, même s’il faut, avec les spécialistes comme le Père Falc’hun et Bernard Tanguy, partir de la graphie la plus ancienne et recouper ensuite avec les textes postérieurs.

Plusieurs facteurs peuvent jouer comme :

– l’agglutination : Noalejou pour An oalejou :

– l’haplologie : Keroual pour Ker-roual ;

– la métathèse : Keledern pour Keredern ;

– des phénomènes de francisation : parc Hiller pou parkeier (et l’orthographe qui donne, par exemple, penquer pour pennker) ;

– des changements de sens au cours des générations : le Louc’h (la mare) devient l’Hourc’h (le sanglier) avant de reprendre son nom originel.

Ce n’est donc, comme Pierre Stervinou l’avait dit, qu’avec prudence qu’une traduction est avancée. Dans la mesure du possible, le nom sera aussi écrit en breton actuel.

Plan de situation

Tout d’abord, un petit plan situe sommairement le village (o) par rapport au centre bourg et à la route départementale D5 qui traverse Guilers.

Ensuite, nous avons ajouté au site d’Alain Stervinou un extrait de vue aérienne donnée par le site Google Earth afin de situer le village par rapport à l’aspect géographique actuel.

Enfin, pour marquer l’évolution historique des lieux, nous avons repris le plan donné par A. Stervinou. Certains de ces plans portent, à certains endroits, des numéros de différentes couleurs qui sont expliqués dans la partie historique.

Historique

Il s’agit ici de reporter ce que nous avons pu lire dans les archives municipales de Guilers ou ailleurs, et de ce que les habitants ont pu apporter comme témoignages.

Les lieux-dits nommés dans « Les biens de la couronne de la sénéchaussée de Brest et Saint-Renan », d’après le rentier de 1544.

Les lieux-dits cités se retrouvent souvent sous des orthographes différentes (ex. : Panfell, Penfell, Pennfell). Suit, en italique, le nom actuel tiré du numéro exceptionnel des Nouvelles de Guilers de 1999-2000 : « Guilers… une place pour tous ».

– an Mean Her (le Menhir) – an Poulglas – an Stiffel (le Styvel) – Castel an Daol – Castel an Tol (Castel an daol) – Coet-an-Iau (Coat ar guéot) – Coet-an-Yeu (Coat ar guéot)         – Coyty-an-Bescond (Coat ty bescond) – Cozmoguer an Meneuc – Cozmoguer Amo          – Cozmoguer Audren – Cozmoguer-Coet-an-Iau – Cozmoguer Jehan Gueguen                  – Cozmoguer Kerlouarn – Cozmoguer Pasquer – Cozmoguer Ty Jehan Gueguen              – Cozmoguet Amon – Croas an Pennec (Croas ar Pennoc) – Croas an Penneuc (Croas ar Pennoc) – Feunteen Gouaret – Feunten Guiller (Feunteun viler) – Feunsten Guillier (Feunteun viler) – Feunteun Goar – Feunteun Guillier (Feunteun viler)– Gore-Guillier     – K/daniel – K/eonnec (Kerionnoc) – K/mabienbien (Kermabiven vian)                                – K/mainguy (Kerminguy) – K/maziou (Kervaziou– K/ menguy (Kerminguy)                    – K/merchiou (Kervaziou) – K/merien (Kermerien) – K/meriou – K/merziou (Kervaziou) – K/nonet – K/ouel (Keroual) – K/ouliet (Kerouriat) – K/ruz Sanvalbian (Keruzanval)       – K/uzaval (Keruzanval) – K/verriou – Keralvoe (Keraoullet) – Keranguen (Ker guen)      – Keranlan (Kerallan) – Keranllan (Kerallan) – Kerboronne (Kerboroné)                            – Kerbouronne (Kerboroné) – Kercompres (Kergoumpez) – Keredern                                 – Kerfestoe (Kerfestour) – Kerfestoue (Kerfestour) – Kerguiziau (Kerguillo)                        – Kerjezequel – Keriouarn (Quilliouarn) – Kermainguy (Kerminguy)                                   – Kermapyven (Kermabiven) – Kermarziou (Kervaziou) – Kermeayn (Guerven)                – Kermenguy (Kerminguy) – Kermerien – Kerioalle (Keriolet) – Keroual                             – Kerriolet (Keriolet) – Kerroazle (Keroual) – Kerroual (Keroual) – Kerrouazl (Keroual– Kerroualzle (Keroual) – Keruzaval (Keruzanval) – la Villeneuffve (la Villeneuve)          – Lan Guillier – le Drefez (le Dervez) – le Dreffves (le Dervez) – le Drevez (le Dervez)        – le Poulbroch – Lesenegant (Lesvingant) – Leshengant (Lesvingant) – Mea sar Run        – Melin an Beux – Melin an Duc – Melin Daliben – Menetz Keranlan                                   – Menoalet (Mesnoalet) – Mesnoalet – Mesnoallec (Mesnoalet)                                             – Mesnoallet (Mesnoalet) – Panfell (Penfeld) – Pasquer – Pen-an-Pont (Pen ar pont)         – Penentrou (Pen an traon) – Penfell (Penfeld) – Pennalnech (Pen ar creac’h)                    – Pennfell (Penfeld) – Prat-an-Stancou – Sainct Vallantin – Sainct Vallentin                        – Stifel (Styvel) – Trefveo (Trévéoc) – Treveo (Trévéoc) – Tridour

Inventaire des villages toutes époques confondues

Les domaines de Coat ty bescond, Kermerien, Keroual, Mesnoalet et du Stivel sont traités dans le chapitre « Le temps des seigneurs ».

Beg al louarn   Buis (le)    Campir      Candy (le)   Castel an daol  Castelmein         Coadic ar foll    Coat ar gueo   Coat Kervaly    Coat mez    Coat ty bescond                  Coat ti ogan       Cosquer (le)    Cozmoguer Amon    Cozmoguer an Menec      Cozmoguer Audren    Cozmoguer Jehan Gueguen      Croas ar Pennoc   Croas lan Croix-Rouge (la)   Dervez   Entrequear    Feunteun Viler    Feunteun goar              Gorre Guiller    Guenvez    Guerven    Guezen doul    Kerampennec    Ker ar Guen Kerallan    Kerallouet   Keraudren    Kerboroné     Kerbrouennou    Kerdrel   Kerebars Kerebizoun   Keredec   Keredern    Kerelie    Kerfestour    Kerfily    Kergariou  Kergompez    Kergozdezoc   Kergreis   Kerguen-Kerven  Kerguillo   Ker heol Kerhouldry  Kerilis   Keriolet   Kerionnoc   Kerischia   Kerjean   Kerjezequel  Kerlidien   Kerloquin    Kerlubridic   Kermabiven   Kermaria   Kermengleuz  Kermerien   Kerminguy   Kermonfort   Keroual   Keroual bihan-bras   Keroum Kerouriat   Keruzanval   Kervaly   Kervaziou   Kerzespes Lambalez   Languero Lannoc   Lanvian   Lescobleac’h   Lesvingant   Louc’h (le)   Menez bian  Menhir  Mescruguel   Mesnoalet   Mezantellou   Mez ar run   Milin gouez   Moulin neuf moulin du Buis   moulin Coatibescond   moulin de Kerboroné                                 moulin de Pen an traon   moulin de Pen ar creach   moulin Stang ar coulm        moulin Villeneuve  Noadegalet    Oalejou (an)   Penanros Keroual   Pen an traon    Pen ar c’hoat   Pen ar c’hreac’h   Pen ar gar   Pen ar pont   Pen ar roz   Pen ar valy Penfeld   Penquer   Petit manoir (le)   Pont aliben   Pont cabioch   Poul ar groas  Poulbroc’h   Poulglas   Poulpry Keroual   Poulpry Kermerien   Prat ar men              Prat ar stancou   Quartier Maugras   Quevrel   Quilliouarn   Roudous   Rest mouniz Rouzic ar haor   Saint-Fiacre  Stivel   Ti coz Bodonou  Ti coz bourg  Ti dour  Ti naot  Ti pri   Ti reun   Ti tort   Tour (la)   Trévéoc   Tridour   Villeneuve (la)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

Dervez :

Orthographe et signification

Le Dervez en 1734 ; Dervez en 1800.

Il peut y avoir deux explications à ce nom :

– la chênaie ou l’endroit planté de chênes, de «  dero » ou « derv » ;                                                                                   – la « journée » (de travail) de « deizh », qui donne « an dervez » ou « devez » (cf. Troude).

Données démographiques

En 1789, le village n’est composé que d’une maison habitée.

En 1800, 7 « individus mâles » résident au Dervez.

En 1946, on compte 5 habitants pour 1 ménage.

Historique

Le Dervez est la propriété du seigneur de Keroual en 1674. Vincent Le Coat en est le fermier. En 1734, Catherine Le Morvan naît au « manoir du Dervez ».

En 1837, Yves Férelloc est propriétaire du village. En 1881, il convertit une des habitations en crèche et construit un logis neuf, le logis actuel, d’abord occupé par des locataires (Cloarec), puis par la famille Férelloc elle-même à partir de 1925.

Entre 1843 et 1850, il bâtit trois logements sur la parcelle appelée « prat poul an dervez » (le pré du lavoir du Dervez). Elles sont transformées en bâtiments ruraux entre 1924 et 1931. L’une d’elles a été démolie en 1943 par les bombardements.

photo actuelle du logis (cliché Philippe Bodin 2002)                                                                                                                                                                                                   

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           La Croix rouge

Plan de situation en 1960

1 – ferme construite en 1890

2 – maisons d’habitation construites en 1932

La croix est indiquée telle que sur le plan cadastral, à l’intersection du chemin de Keroual et de la route de Saint-Pierre. À l’origine, elle se situait contre le mur de protection des sources de la Marine.

En haut, le passage du CD 5. (schéma établi par A.STERVINOU en 2002)

Données démographiques 

Dans les années 1930, on compte 3 familles à la Croix Rouge.En 1946, 28 habitants pour 6 ménages.

Historique

La première référence cadastrale à la Croix Rouge date de 1882, même si, sans doute, les habitants ont donné ce nom de lieu dès l’érection d’une croix à cette entrée du domaine de Keroual. La Croix Rouge est donc un village nouveau créé sur une parcelle nommée « lannoc Feunten Viler » (la lande de Feunten Viler). Les matrices indiquent, en 1890, une construction nouvelle faite par René Kerboul, de la Croix Rouge. La ferme change de propriétaire en 1927, puis en 1944.

Les obus tirés sur les points stratégiques de Guilers (la batterie allemande de Kerjean n’est pas loin) détruisent la ferme en août 1944. Elle est reconstruite en 1952.

En 1932, d’autres maisons sont élevées au nord du bâtiment initial, à la lisière du bois de Coat Mez aujourd’hui disparu. Les riverains ont beaucoup protesté lors de la construction de la « quatre voies » dans les années 1970, c’est-à-dire lors du nouveau tracé de la RD 5 qui, comme ils disaient, les a amenés à être « enterrés ». Auparavant, ils se trouvaient au bord de la route menant à Saint-Pierre, alors que les travaux les « abaissèrent » à quelques mètres en contre-bas de la chaussée. De plus, une haie de cyprès rendait ce quartier froid et sombre ; elle a été enlevée dernièrement.

La ferme Marc en 1940 (photo prêtée par Prosper Marc)

la croix Rouge donne son nom à un village en 1882. Elle a été dressée, dit-on, à la demande de la baronne Didelot à la suite du décès d’un de ses enfants, officier de marine, la teinte rouge rappelant la couleur du pont des navires. Cette croix, sur un plan de 1907, est érigée contre le mur de protection des sources de la Marine. La croix primitive fit remplacée par une autre croix rouge en 1956 et déplacée de l’autre côté du chemin de Keroual pour être mise en valeur. En 1994, c’est une troisième croix, bénite au mois de mai, qui marque l’entrée ouest du domaine de Keroual.

Description du Père Castel (en 1980) : granite et bois, 1956. Trois degrés. Croix simple de section carrée. Inscription : Adoration 1956.

Croix-rouge primitive (photo abbé Gaby Boucher)                                               

 

Croix-rouge de 1956 (photo abbé Gaby Boucher)
Croix-rouge de 1994 (photo Philippe Bodin 2020)                                                      

Campir

Orthographe et signification

Campir en 1715.

Kamp-hit : le camp long ou en longueur. Par camp (s’il s’agit bien de cela), il faut entendre un établissement militaire.

Données démographiques

En 1789, le village comporte 3 maisons habitées.

En 1946, on compte 9 habitants pour 2 ménages.

Historique

Campir est situé le long de la voie romaine de Landerneau à Porsliogan. Une parcelle, « parc ar borgne », pourrait laisser penser qu’une borne milliaire romaine aurait pu se trouver là ! Y a-t-il eu un camp militaire, ou tout au moins un poste de garde à cet endroit aux temps anciens ? Les « parc coz vouguer » et « liors coz vouguer » (champ et courtil du vieux mur) le laissent penser dans la mesure où ces « coz vouguer » sont souvent des ruines que les Bretons insulaires nommèrent ainsi à leur arrivée en Armorique.

Si, en 1715, les registres n’indiquent que le « campir », le relevé des « feux » de 1789 distingue « campir huela » (le plus haut) et « campir isela » (le plus bas). Les bâtiments datent au moins des années 1830.

 


Le Candy

 

Orthographe et signification

le Candy en 1715.

Kanndy : lieu où l’on blanchit le linge, ou le fil de lin ou de chanvre. Le lin est mis à « rouir » dans une « ogenn » (cf. Coat ty Ogan, tout proche) ; puis il est blanchi dans le « kanndi ».

Plan de situation en 1834

L’exploitation du Candy comportait 8 ha répartis en 20 parcelles à l’époque de ce plan

 

Données démographiques (y compris le moulin)

En 1789 : 2 maisons habitées.

En 1800, 5 « individus mâles » habitent le Candy.

En 1946 : un ménage de 5 personnes.

Historique

Le ruisseau qui prend sa source au Candy et se jette dans la rivière du Tridour a sûrement été utilisé pour blanchir le lin. Pourtant, la parcelle où se trouve une mare, au nord-ouest des bâtiments, s’appelle « ar prat » (le pré), et non « prat ar poullin » comme on pourrait s’y attendre. « Poullin » (la mare au lin) se retrouve, par exemple, à Kerédern et à Coat ty Bescond.

Le 2 janvier 1786, la métairie du Candy est tenue en ferme par François Plouzanné. Cette ferme, qui dépend du domaine seigneurial de Keroual, consiste en « deux maisons s’entrejoignant couvertes de gleds » (chaume). Les deux maisons sont démolies au début des années 1880 pour faire place à un bâtiment neuf. Une habitation récente, de l’autre côté de la route, a agrandi le village.


FEUNTEUN VILER – Feunteun Viler appelé aussi MESCRUGUEL – [ Mezkrugell ]

Orthographe et signification

Feunten Guillier en 1544 ; Feunteun Guiller en 1715 ; Feunteun Guiler en 1789 ; Feunteun Guyler en 1790 ; Feunteun Viler en 1887 ; Feunteun Guilers en 1911 ; Feunteun-Vilers en 1946.

Feunteun (la fontaine), Viler (de Guilers).

Malgré l’attraction du nom de la paroisse, Feunten Viler vient peut-être d’une des nombreuses sources de Keroual, connues autrefois pour leur caractère ferrugineux. Ce terme est traduit par melar en breton (dour melar = eau minérale). Précédé du mot féminin feunteun, on a alors velar. Feunteun velar est la source d’eau minérale, nom approprié à l’endroit.

Le hameau est également nommé « métairie de Feunteun Guyler ou Mescruguel » en 1790. Mez correspond à l’openfield anglais, c’est-à-dire le champ sans clôture ni talus ; krugell désigne une butte et, parfois, les vestiges d’une motte féodale. Mez-krugell : le champ de la butte. Sezny Piriou, le grand oncle d’Alain Stervinou, disait avoir démoli, entre les deux guerres, une butte au sud de Feunteun viler, près du carrefour de Kerjean. Le plan de 1834 montre une structure circulaire de 250 m de diamètre environ (5 ha), formée par la ligne de crête et par une limite nord en arc de cercle. D’autre part, deux champs s’appellent parc chapel, bian et bras (C 636 et C 637) : champ de la chapelle, ou d’un nommé Chapel, et un autre douar santel (C 629) : terre sanctifiée. Nul doute qu’il y ait eu en cet endroit une occupation très ancienne.

Données démographiques

Joseph Cloarec, de « Feunteun Guiller », est élu notable de Guilers en 1792.

En 1800, le village compte 7 individus « mâles ».

En 1946, 3 habitants.

Historique

Feunteun viler fait partie du domaine seigneurial de Keroual déjà au XIVème siècle. En 1674, le « manoir de Feunteun Guiler » est tenu en fermage par Yves Le Bail. En 1779, la métairie est baillée à Joseph Cloarec (cité plus haut).

La seconde guerre mondiale n’épargne pas Feunteun viler qui, comme le village voisin de la Croix Rouge, est détruit en août 1944.

KERAUDREN

Données démographiques

En 1789, il est recensé un « feu habité » à Keraudren bras et un également à Keraudren bian. Très tôt, apparemment, tout ce secteur est nommé Saint-Fiacre par les différents agents recenseurs (en 1800, il n’est pas fait mention des « individus mâles » de Keraudren ; en 1946, l’INSEE ne connaît que le village de Saint-Fiacre !)

Historique

Keraudren se divise en deux : Keraudren bian, à l’entrée des deux villages, et Keraudren proprement dit un peu plus bas.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

Keraudren

Hervé Leven tient la ferme de Keraudren, propriété du marquis Rosmadec de Molac, en 1674.

En 1890, François Le Bec, propriétaire résidant, reconstruit le logis.

Keraudren bian

En 1884, le capitaine de corvette Mesnard, propriétaire, fait démolir la maison d’habitation pour en reconstruire une nouvelle.

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