Guilers côté maritime

Guilers côté maritime

 

Le fort de Penfeld

Au XVIIIe siècle, l’évolution de l’art de la guerre faisait de Brest, son arsenal et sa flotte une ville forte. À l’abri derrière ses remparts, elle n’était protégée finalement que d’une attaque par la mer. En effet, les plateaux environnants, culminants à plus de 100 mètres, rendaient fragile sa défense lors d’un bombardement par terre, toujours possible dans le cas d’un débarquement (anglais forcément !) sur la côte nord du Finistère. Les Anglais avaient créé un bataillon d’infanterie de marine ! C’est pourquoi de nombreux forts furent construits en avant des fortifications par le marquis de Langeron, commandant la division de Bretagne : Penfeld, Keranroux, Montbarrey, Portzic, le Questel se protègaient mutuellement et empêchaient l’approche des canons ennemis qui auraient pu détruire l’arsenal. Le fort de Penfeld était considéré par le marquis de Langeron comme « la clé de Brest » car il contrôle l’accès au lit de la rivière qui abrite l’arsenal et il fut soigneusement construit sous Louis XVI au moment de la guerre d’Indépendance américaine (1778-1783).

Edifié entre 1777 et 1783, de forme pentagonale dont les faces sont longues de 95 mètres, le fort est entouré d’un fossé sec large de 10 mètres et profond de 4,50 mètres. La garnison était de 539 hommes, mais il pouvait abriter 3 373 hommes et les faire vivre pendant trois semaines ! Les structures voutées sont très robustes et elles sont surmontées de massifs de terre de 15 mètres de largeur et de 5 à 7 mètres de haut.

Les Guilériens furent obligés d’y faire des gardes pendant la Révolution, sous peine d’amende et, là encore, l’ennemi était… l’Anglais.

Ces fortifications fonctionnèrent pendant le XIXe siècle et ne furent vraiment déclassées qu’après 1918.

Le fort s´apparente à un bastion aux faces de près de 100 m fermé à la gorge. L´ouvrage est isolé par un fossé de 10 m de largeur entièrement défendu par des meurtrières de fusillade percées dans une galerie de contrescarpe. Le corps de l´ouvrage abrite en son centre un imposant cavalier d´artillerie semi-circulaire détaché de l´escarpe dont la gorge est défendue par des meurtrières de fusillade. Ce cavalier reçoit 10 des 34 pièces d´artillerie armant le fort. La garnison, forte de 539 hommes, est logée dans des casemates à l´épreuve de la bombe aménagées dans le cavalier. La communication avec le chemin couvert s´effectue par des caponnières couvertes sur les flancs.
De part sa conception, le fort de Penfeld est le plus caractéristique de la chaîne d´ouvrages extérieurs de Brest. Peu modifié au 19e siècle (aménagement d´un magasin à poudre type 1874), l´ouvrage est déclassé en 1921. Les bombardements alliés lors du siège d´août-septembre 1944 ont sérieusement endommagé le cavalier. Utilisé par la Marine nationale jusque dans les années 1970, son fossé a été partiellement comblé et son chemin couvert a disparu.
Le transfert de propriété de ce fort, élément remarquable du patrimoine brestois, a été conduit par la municipalité  de Guilers qui a  entrepris des travaux de nettoyage et de valorisation. La première ouverture ayant eu lieu dans le cadre des Journées du Patrimoine de 2011, lors desquelles l´association « Valoriser les patrimoines militaires » y présentait une exposition retraçant les deux siècles d´histoire du site.

 

 

 

 

 

 

 

Sources : Guillaume Lécuiller, les fortifications de la rade de Brest, cahier du patrimoine 94.

Les commentaires sont clos.